• Qu'il est loin le temps où nous gravissions des hautes montagnes sac au dos, soleil en pleine poire, sans eau, à la seule force de nos pieds meurtris au beau milieu d'un jungle hostile entourés de philippins à la machette facile et de vils serpents tapis dans l'ombre avec comme seul compagnon durant nos nuits agitées l'esprit d'un cochon martyr assassiné  ...

    Il faut connaitre l'enfer pour mériter le paradis. Autant être clair, nous y sommes et va falloir castagner sévère pour nous déloger du bouclard.

    Deux jours passés à Panglao, petite ile de cocotiers malheureusement un peu envahie de touristes chinois et japonais (L'asie est en fête). L'endroit reste malgré tout délicieux, tout autant que ses fruits de mer et poissons grillés qu'on choisit sur les étals à même la plage et autres cocktails aux noms bien alambiqués qu'on déguste les pieds dans l'eau. Quelques plongées sur des tombants à trois coups de banka du rivage ont rythmé nos journées. Pas de requins mais une faune bigarée que nous n'avions pas encore croisée.

    Nous avons depuis échoué à Cabilao, île perdue et oublié du tourisme de masse. Notre définition du paradis. Le chemin pour s'y rendre sort des sentiers battus et il faut trouver un vieux pecheur philippin à la peau cuivrée par le soleil pour nous louer sa pirogue et nous permettre d'atteindre les rivages de cette magnifique demoiselle. Prions pour que son nom soit retiré de tout guide touristique.

    Ravis d'être admis au paradis, on s'en est, soyons honnetes, collé une bien sévère dès notre arrivée. C'est vers 21h que nous avons du rampé tant bien que mal vers notre hutte 7 étoiles. Levé avec le soleil vers 6h00, les traits tirés des excès de la veille, c'était alors un plaisir d'accompagner Lodeur (un chien pêcheur nommé ainsi pour le fumet puant qui le précède) dans sa promenade matinale avec toutefois la folle envie de dessouder quelques coqs hurleurs, cousins aussi déglingués que les tortionnaires de Batad.

    Deux plongées au programme aujourd'hui sur un tombant de 60m qui nous permet d'imaginer toutes sortes de créatures batifolant à 30m sous nos palmes. Qui sait si nous resisterons ensuite à l'appel de l'apéro et déciderons alors de se faire une plongée de nuit le long de ce mur de corail grouillant de vie.

    Viendra ensuite le départ vers Siquijor, île mysterieuse et magique que la plupart des philippins craignent. L'île des guérisseurs et de la sorcellerie qui hante le pêcheur qui hésite à vous y conduire. M'est d'avis que les cocktails y sont aussi délicieux qu'ailleurs et le poisson toujours plus frais !!

    Bizz la jeunesse

    Nico

    PS: Coco !! Ton fils parfait ne risque plus rien. Les guérisseurs vont s'occuper de mon foie vacillant et me rendre des poumons de bébé !! No worries madre !!

    PS2 : Pour les photos, faudra attendre un peu. La connection wifi depuis le paradis est quelque peu aléatoire ...

     

     

     


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    6h d'attente, 9h de bus, 1h de taxi, 4h d'attente, 2h d'avion, 1h de tricycle et une quasi nouvelle nuit blanche... c'était le minimum syndical pour rejoindre Bohol, saint mère patrie du tarsier, des cocotiers et des chocolate hills. Un autre monde. Une autre Philippine ...

    Besaces et valises sous les mirettes posées du coté de Panglao, plus précisément sous les palmiers d'Alona Beach. Comme d'habitude et avec notre sens poussé de l'organisation, nous n'avions rien réservé en oubliant qu'une armée de chinois devergondés envahissait les plages des philippines lors de leur nouvel an. Nous cherchions une chambre en bord de plage ... ô malheur, nous n'avons obtenu qu'une maison pour nous seuls avec piscine au pied de la plage de sable blanc, faute de chambre disponible. Triste monde. Enfin disons pour nous trois. Une demoiselle partage notre humble palace. De magnifiques guibolles de 10cm au nombre de huit. Va falloir cohabiter mais je n'aime pas son regard vicieux à cette peronnelle !

    Elle gardera donc la salle de bain et pour le coup je me laverai chez nos voisins japonais aussi discrets que les coqs de Batad lorsqu'ils découvrent leur petit coin de paradis...

    Pendant que j'écris ces quelques lignes avec le PC de notre Yvon national, les pieds presque dans l'eau, à l'ombre des cocotiers même s'il fait nuit, San Miguel light au garde à vous, celui ci doit faire connaissance et taper la causette avec la belle. Yves pour le moment ne la trouve pas très vivace, limite empotée. Bah manquerait plus qu'elle galope sur l'édredon cette sauvageonne !!

    Demain c'est plongée toute la journée autour de Balicasang à quelques bornes de pirogue de notre QG. Un des plus beaux spots des philippines. Nous l'avons joué au culot, le regard fier et le torse bombé lorsque nous avons expliqué au centre de plongée que nous étions des satanés adventure divers et que rien ne nous faisait peur. Je savoure d'avance la tête décomposée du divemaster lorsqu'il nous verra monter tout le matos à l'envers avec notre sourire niais satisfait de notre boulot bien accompli. Les requins marteaux jugeront eux mêmes la camelotte et si on mérite un second tour de manège enchanté. En tout cas le centre quant à lui en nous acceptant a tiré le pompon :)

    Bizzz les jeunes

    PS: Coco !! T'inquiete pas pour la plongée de demain, le premier caisson de décompression n'est qu'à trois jours de pirogue et 6h de jeepnee ... une simple formalité !! No worries madre !!

    Ils sentaient bon le sable chaud ...


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  • Rejoindre Batad ressemble plus à un pekin express version warrior qu’une simple balade de sante. 8h interminables de boite de conserve pourrie qu’ils appellent bus avec a ma gauche des précipices et à ma droite des falaises prêtes à lâcher sur le téméraire qui emprunte cette route son lot de caillasses. Au centre et en sortie de virage, des vaches endormies et quelques menus rochers.

    Arrivés à Banaue à 5h00 du mat, nuit blanche dans les mirettes pour cause de vitre cassée, autre réjouissance : le pousse-pousse tricycle pendant 20 bornes sur route cabossée. Le philippin étant de nature petite, Yves ne tenait pas dans le compartiment passager et se révéla être une très belle amazone agrippé à notre chauffeur âgé de peu de printemps.

    Tous les chemins ne mènent pas à Batad, certes ... mais de la à imaginer que nous allions devoir escalader à pinces une montagne dès potron-minet pour effectuer les 9 dernières bornes et toujours sans repos, c’est proche du vice. Qu’importe, nous sommes sortis victorieux et sommes arrivés triomphants dans un village d’un autre siècle, d’une autre vie avec comme régal pour les yeux, les rizières en escaliers. Extraordinaire spectacle au lever du soleil. Fiers comme Artaban de notre exploit de la matinée, il était convenu après quelques heures de sommeil d’aller trekker dans les rizières.

    C’est donc bières en main, clopes au bec et poches aux yeux vers 15h que nous avons dû expliquer aux villageois Ifugao qui souhaitaient nous faire découvrir la région qu’Yves était trop vieux pour ces conneries et qu’il était préférable de se réhydrater tranquillement pour le reste de la journée. "Promis nous marcherons demain matin"

    Apres avoir tapé le bœuf avec un jeune guide du coin sur une vieille guitare et braillé quelques chansons de Renaud, il était temps de rejoindre la fête du village à laquelle nous avions été conviés. On voulait de l’authentique, nous avons été servis au-delà de tout espoir. Costume et danse traditionnels, alcool de riz en bouche avec une louche pour tout le village ... et cochon au menu :)

    Nico : Yves, regarde là-bas, on dirait un cochon par terre. Il bouge. Ils ne vont quand même pas le bouffer ??      

    Yves : Meuh non !!! Un cochon ça prend du temps à préparer. C’est pas un plat de pâtes.

    Nico : Ah ouhais ?! bah pourquoi il est ligote par les pattes a un rondin de bois ??

    La réponse intervint quelques secondes après. Un long hurlement dans la nuit. Le cochon on le tue et on le découpe à la machette. Pas de détails et rien de perdu. Nos estomacs, de concert, sont alors partis se coucher et l’alcool de riz s’est ainsi directement perdu dans les méandres de nos corps fatigues. L’alcool de riz, ça semble très traitre. Parait qu’après quelques litres la veille dans un village voisin, deux gaillards rinces ont souhaité régler un léger différent à coup de machette.

    Il était grand temps d’aller ronquer au son des percussions sur notre paillasse inconfortable certains malgré tout de dormir jusqu’au petit matin. Grossière erreur.

    Des coqs ... des légions de coqs tortionnaires dans la pire cacophonie jamais organisée se donnèrent le mot que les français avaient assez dormi à 3h du mat. 12 salopards de coqs pour un habitant. Une furie gallinacée. Yves et son bruit d’airbus en guise de ronflement fut un digne chef d’orchestre.

    Adieu Batad et retour sur le toit d’un jeepnee à la civilisation. Apres avoir découvert ce que l’on pouvait faire d’un cochon avec une simple machette, nous avons décidé d’oublier les tribus de réducteurs de tête pour nous consacrer désormais au chapitre "rien foutre" et prenons la direction de Bohol pour plages de sable blanc et plongées au milieu de centaines de requins marteaux. Animaux très urbains et beaucoup plus discrets que ces fumiers de coqs !!

    Bizz les jeunes et soyez sympas avec les cochons de tout pays

    Nico

    PS : Coco !! Me suis acheté un petit couteau suisse en cas de duel avec un villageois philippin et sa machette destructrice !! No worries madre !!


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  • Troisieme jour et la curieuse impression d etre la depuis plus d une semaine ...

    Le pinatubo n a pas voulu de nous finalement preferant prolonger sa sieste. Helicoptere en philippin signifie avion et c est dans un piaf de 1949 qui fleurait bon le kerozene et la sueur que nous avons survolé l endormi avec aux commandes un vieil amerloc, véritable relique de la seconde guerre, bermuda et soquettes aux genoux. Le vol fut fameux mais on se demande encore qui avait parkinson entre le pilote et sa monture ... sans doute un peu des deux ... 

    Le volcan derriere nous, il était temps de rejoindre les rizieres de Banaue, considerées comme la 8eme merveille du monde. Une chose est certaine : les coquines ne s offrent pas au premier venu. Il faut les mériter. apres 4h00 de bus qui finalement font 9h00, Baguio a mi parcours nous accueillait ereintés. Le temps d une soiree endiablée ... Les philippines la nuit c est extrement dangereux: 0,8 euros la vodka tonic dose mammouth, 3 euros la cruche de long island, 0,6 euros le paquet de malbac et des compagnons souhaitant tous trinquer avec les deux seuls touristes de la région, ca vous assure un mal de caboche carabiné au réveil... et seul le fou peut esperer un peu de tranquillité pour rincer les exces de la veille. Il n existe pas d endroit calme en ville. Une joyeuse fourmillere. J ignore s il existe un terme au dessus de surpopulation en zone urbaine mais il peut se résumer a Baguio. Yves se "repose" actuellement dans un parc de la ville. D apres ma courte experience, en une heure il a du se prendre a travers le cornet 137 ballons, 19 freesbees, 154 volants de badminton, 4 velos et toute une tripotee de marmots sautillants.

    Le bus de 21h30 qui doit nous conduire dans les rizieres sera sans nul doute un havre de paix. 150 kms. Un trajet estimé entre 8h00 et 10h00. Donc 16h00 !!! Peu importe nous dormirons demain soir dans le petit village de Batad, oublié du monde et niché en plein coeur de la cordillere philippine. Viendront ensuite les tribus de réducteurs de tete du Nord de Luzon !!!! tout un programme ...

    Becots les jeunes

    PS: Coco ! Je défendrai avec courage et honneur ma caboche lorsque les autochtones essaieront de me la réduire. No worries madre !!

    PS2 : Désolé pour les accents mais en qwerty c est tout simplement épouvantable.


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